Piroplasmose équine : comprendre les risques d’infestation par les tiques
La piroplasmose équine, maladie parasitaire transmise par les tiques, représente un enjeu sanitaire majeur pour les chevaux vivant en pâture. Une étude récente menée en région Auvergne‑Rhône‑Alpes a permis d’identifier les principaux facteurs de risque d’infestation et d’exposition, ainsi que d’établir des recommandations pratiques pour limiter la transmission de Theileria equi et Babesia caballi, les deux agents responsables de la maladie.
Ci-dessous une synthèse claire et accessible des résultats de cette étude, présentée aux Journées Sciences et Innovations Équines (JSIE) 2024.
1. Une maladie fortement liée au mode d’hébergement
Les chevaux étudiés étaient majoritairement des chevaux de trait vivant en pâture une grande partie de l’année, dans des zones où les tiques sont abondantes et actives. Ce mode d’hébergement, très courant dans la région, constitue un facteur d’exposition majeur :
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contact prolongé avec les tiques
-
proximité avec la faune sauvage
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pâturage partagé avec d’autres espèces
Les résultats montrent que les chevaux vivant dans ces conditions sont particulièrement exposés aux espèces de tiques vectrices identifiées dans l’étude.
2. Limiter l’infestation : un enjeu central de prévention
L’étude insiste sur un point essentiel : réduire la charge en tiques est la première ligne de défense contre la piroplasmose.
Les recommandations principales incluent :
Détikage manuel régulier
Indispensable pour les chevaux vivant en pâture. Les zones à surveiller en priorité sont la base de la crinière, les plis axillaires et le poitrail.
Éviter le pâturage mixte
Le partage de pâtures avec bovins, ovins ou caprins augmente la densité de tiques.
Clôturer les pâtures à risque
Limiter le passage de la faune sauvage réduit l’introduction de tiques infectées.
Mettre en place une rotation des pâtures
Particulièrement au printemps et à l’automne, périodes de forte activité des tiques.
Surveiller plus étroitement les jeunes chevaux
Ils sont plus fréquemment infectés par B. caballi que les adultes.
3. Adapter la prévention selon le contexte épidémiologique
L’étude rappelle que la stratégie de prévention dépend :
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de l’origine du cheval
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de son âge
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de son activité
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de ses déplacements
-
des objectifs du propriétaire
Chevaux nés en zone fortement infestée
Ils développent souvent une immunité naturelle, devenant porteurs asymptomatiques. Dans l’étude, 50 % étaient positifs à T. equi et 15 % à B. caballi, mais seulement 4 % avaient présenté des symptômes.
Chevaux provenant de zones peu touchées
Ils sont plus vulnérables et doivent être surveillés de près lors de leur introduction dans une zone à forte circulation parasitaire.
4. Prévention sanitaire ou économique : deux approches distinctes
L’étude distingue deux objectifs :
Objectif sanitaire
Limiter les formes cliniques sévères grâce à la surveillance, au détiquage et à la gestion des pâtures.
Objectif économique (exportation)
Obtenir des résultats PCR et sérologiques négatifs. Dans ce cas, la prévention doit être plus stricte, car même un portage asymptomatique est problématique.
5. Les tiques : un risque qui dépasse la piroplasmose
Même si l’objectif n’est pas d’éviter totalement la piroplasmose, le contrôle des tiques reste indispensable. Les tiques transmettent d’autres agents pathogènes équins et parfois zoonotiques. La gestion de l’infestation est donc un enjeu de santé globale.
Conclusion
Cette étude apporte des éléments précieux pour comprendre les risques d’exposition à la piroplasmose équine en Auvergne‑Rhône‑Alpes. Elle montre que :
-
la gestion des tiques est centrale
-
les pratiques d’élevage influencent fortement le risque
-
la prévention doit être adaptée au contexte épidémiologique
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les jeunes chevaux et les chevaux nouvellement introduits nécessitent une vigilance accrue
Pour les propriétaires, cela signifie adopter une approche pragmatique, régulière et contextualisée de la prévention.
Source : equidee-piroplasmose-janvier-2025.pdf
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